SOJA or not SOJA ???

SOJA or not SOJA ???

Études contradictoires, scientifiques divisés, documentaires alarmistes ou dithyrambiques, le SOJA peine à mettre tout le monde d’accord ! Présenté par certains comme toxique, par d’autres comme aliment santé anti-cancer, le consommateur s’y perd. Enquête.

 

Le soja… ah le soja… un vaste sujet dont on pourrait parler pendant des heures. J’ai commencé à m’y intéresser en tant que maman avec une question simple : est-ce que l’on peut donner du soja aux enfants ? J’ai commencé à chercher un peu partout dans les différentes études scientifiques et je me suis heurtée à une immense difficulté – et ce même en tant que journaliste – les études sont contradictoires.

Beaucoup d’articles recensent des études qui affirment que le soja est protecteur de l’organisme comme cette récente étude américaine et d’autres, à l’inverse, lui prêtent tous les maux, c’était le cas en 2008 dans cet article du Parisien
Alors protecteur ou aggravant ? Tout dépendrait du type de cancer et du type de population.
J’ai donc commencé à enquêter surtout par rapport aux enfants. Au Canada, les produits à base de soja sont donnés aux enfants dès 6 mois. En France, on recommande d’attendre 3 ans. Les risques d’allergies sont également très présentes dans les craintes des autorités sanitaires…

 

Experts divisés

 

Au fil de mes interviews, j’ai donc posé la question aux spécialistes en qui j’avais confiance. Le premier à me répondre a été Jérôme Bernard-Pellet (médecin généraliste et nutritionniste lui-même végétalien depuis 15 ans) qui est extrêmement clair sur le sujet : le soja est bon pour la santé. Je vous propose de l’écouter vous-même ↓

 

 

le soja est consommé depuis 9.000 ans en Asie, en revanche, en Europe la consommation est courante depuis 1929

 

 

Dans cette interview, Jérôme Bernard-Pellet explique que le soja est « un sujet sur lequel il y a une désinformation majeure. La littérature scientifique dit que le soja n’est pas dangereux mais qu’en plus il y de nombreux avantages sur la santé. Le soja a le pouvoir de diminuer les risques de cancer du sein, de l’ovaire, de la prostate ainsi qu’un effet cardiovasculaire positif ! » Et d’ajouter « nous avons un recul de 9.000 ans, le soja est consommé depuis 9.000 ans en Asie, majoritairement sous forme non fermentée. En revanche, la consommation en Europe est beaucoup plus récente avec une consommation courante depuis 1929. »

 

Introduction trop récente ?

 

Alors justement, est-ce le soja est présent depuis trop peu de temps sur notre territoire pour que nos organismes occidentaux aient pu s’adapter ?

Pendant une discussion avec Laurent Chevallier (médecin nutritionniste auteur de différents ouvrages « Le livre anti toxique », « Moins de médicaments, plus de plantes », « Mes ordonnances alimentaires »…) il m’a expliqué son approche à base d’enzymes.
D’après lui, on ne peut pas lisser les études scientifiques à toutes les populations car nous n’avons pas tous les mêmes enzymes pour digérer le soja. En clair, comme le soja n’est consommé en Europe que depuis 1929, notre organisme n’a pas eu le temps de s’adapter et donc de digérer cet aliment nouveau comme il se doit.

Un argument que réfute totalement Florian Kaplar qui tient à rappeler que le soja a été planté pour la première fois en France, en 1740, au Muséum d’histoire naturelle à Paris et que comme le kiwi, introduit en France début 1900, le soja ne nécessite aucune enzyme particulière pour être digérés. Il rappelle tout de même que l’un comme l’autre sont allergènes pour certaines personnes qui sont intolérantes à leur consommation.

 

Polémique autour des isoflavones

 

Florian Kaplar, spécialiste du soja et auteur du livre « Le soja, ce qu’il faut savoir » (toute une partie de son blog est d’ailleurs consacrée au soja) estime que plus le soja s’est immiscé dans nos assiettes et plus il a été décrié. « La polémique explique t-il est née de la présence d’isoflavones, des composants anti-oxydants de la famille des flavonoïdes, appelées improprement phyto-oestrogènes. L’utilisation du mot phytoestrogènes a semé la confusion et a ouvert la porte à toutes sortes de rumeurs : le soja induirait le cancer du sein, la puberté précoce, la pousse des seins chez les hommes, etc. Toutes sortes de ragot pseudo scientifiques qui ont en fait été démontés depuis longtemps… » Il est également d’accord pour dire que l’introduction du soja dès 6 mois dans l’alimentation des bébés est possible et qu’en France 3 ans est un « choix de précaution excessif. »

  • Pour tout savoir des phyto-oestrogènes (si vous avez un peu de temps…) c’est dans cette étude à partir de la page 244.

 

La polémique est née de la présence d’isoflavones, des composants anti-oxydants de la famille des flavonoïdes, appelées improprement phyto-oestrogènes

Fermentation ?

 

Une des autres idées que l’on retrouve très souvent chez les experts qui ont une position modérée est celle de la perte de toxicité grâce à la fermentation. En effet, le soja contient de l’acide phytique, qui en grande quantité bloque l’absorption des nutriments et cette toxicité se perd avec la fermentation. C’est d’ailleurs l’idée de Robert Masson et sa femme Sandrine Masson, tous deux naturopathes et fondateurs de l’école de naturopathie CENA dans le sud de la France qui préconisent de consommer du soja en petite quantité et plutôt fermenté.

Ici également, Florian Kaplar réfute : « La très grande majorité des études qui ont montré des avantages du soja sur la santé étaient conduites avec du soja non fermenté… A méditer : les habitants de l’île d’Okinawa, qui sont les plus gros consommateurs de tofu au monde (soja non fermenté), sont aussi accessoirement ceux qui détiennent l’espérance de vie en bonne santé la plus élevée. »

 

Principe de précaution ?

 

Robert et Sandrine Masson ont un recul de plusieurs dizaines d’années de suivi en naturopathie et eux ont constaté une puberté précoce, des kystes sur les ovaires de petites filles, de l’hyperthyroïdie, des mastoses chez des patients qui consommaient beaucoup de soja. Des symptômes qui se sont arrêtés avec l’arrêt de la consommation de produits à base de soja.
Pour Sandrine Masson « le soja n’est pas anodin. Pourquoi prendre des risques avec un aliment qui n’est pas essentiel ? Il contient des protéines incomplètes et ne remplace en aucun cas la viande. Quand on n’est pas sur à 100% on s’abstient et jamais je ne conseillerais du lait de soja à un enfant ! »

 

Pourquoi prendre des risques avec un aliment qui n’est pas essentiel ?

 

Très difficile donc de se faire une opinion tranchée sur cet aliment et c’est bien ce qui est complexe : c’est à chacun de décider ! Il faut trancher en son âme et conscience. En revanche sachez une chose sur laquelle tous les experts s’entendent : la consommation au quotidien en grande quantité d’un même aliment est à proscrire, il en va de même pour le soja.

 

En ce qui concerne les études scientifiques, je vous invite à consulter cette enquête réalisée, entre autres, par le journal Le Monde et qui démontre que beaucoup d’études ne sont pas fiable ! « La quantité d’articles scientifiques douteux aurait été, selon les deux chercheurs, multipliée par huit entre 2010 et 2014, passant de 50 000 à environ 400 000 » apprend-on dans cet article.
Et pour aller plus loin n’hésitez pas à regarder ce documentaire diffusé récemment sur France 5 « Soja la grande invasion » qui donne également plusieurs notions importantes.

 

⇓ Le résumé en vidéo ⇓

 

 

 

 

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